Midi ! Arrivés « Chez Vina », un homme nous installe confortablement au bout de la modeste pièce servant de salle à manger et nous, déjà impatients, nous lui demandons s’il est possible d’assister à l’ouverture du four… Nous ne sommes qu’une dizaine dans la salle et la majorité avons opté pour le Ma’a Tahiti ! Nous devons attendre une quinzaine de minutes ; ils ouvrent le four à 12hrs15…
Après le spectacle de l’ouverture du four, nous avons hâte de goûter à tout ! Sur la table, les assiettes défilent, les unes après les autres et sincèrement, tout est bon sauf un truc qui me semble peu attrayant: le FAFARU… Il faut être très courageux pour y goûter. Il s’agit de poisson cru macéré dans de l’eau de mer. Vous imaginez l’odeur ??? Elle est particulièrement forte et insupportable ! Anthony, évidemment y a goûté et m’assure que ce n’est pas si mal, mais qu’il n’en mangerait pas tous les jours… Moi, juste avec l’odeur, je laisse tomber !
Les Tahitiens sont des personnes très généreuses, il fallait donc s’attendre à des portions plus qu’abondantes… Mais nous arrivons à finir nos assiettes !
Nous gardons un excellent souvenir de ce repas ; notre premier vrai repas typique…
Après cette halte, l’estomac bien rempli et rassasié, nous continuons notre route vers la baie d’Opunohu pour ensuite nous arrêter enfin à une plage, vers la pointe Hauru, tout au nord-ouest de l’île ! Celle-ci est en effet frangée par une étroite bande sablonneuse qui s’étend sur 5 Km. Malheureusement, à Moorea, il est un peu difficile d’accéder aux rares plages de sable blanc; la continuité des constructions hôtelière ainsi que les propriétés privées bordent le littoral…
Nous laissons donc le scooter dans le parking d’un petit hôtel et nous nous précipitons sur un petit sentier que nous croyons, nous dirigera enfin vers un petit bout de plage. En effet, devant nous, l’eau clair du lagon et 2 motus s’affichent ! Tout autour de nous, les gens pratiquent le Kitesurf … nous voulons essayer mais nous n’avons pas assez de temps devant nous et optons plutôt pour une petite heure de bronzette et de siesta sur le sable fin… Au réveil, nous devons nous dépêcher pour poursuivre notre tour de l’île (60km, au total). Mais nous nous hâtons pour arriver à temps à la gare maritime, rendre le « scoot » et attendre le bateau… Notre journée à Moorea se termine !
Les jours passent et ne se ressemblent pas… parfois…
Je m’occupe mais à certains moments, je m’ennui un peu de ne pas pouvoir faire sauter mon couteau sur une planche de travail et de vivre la frénésie des services… Mais je ne me plaindrais pas trop car je sais bien que plusieurs voudraient être à ma place ! A vrai dire, je voudrais bien que ces derniers soient ici, avec nous…
Mais sinon, je profite de notre nouvel appareil photos, de la tranquillité des jardins de l’Intercontinental, de la plage, des livres que j’ai apportés et de tout ce qu’il y a à découvrir ! Question de se ressourcer un peu, ya rien de mieux !!! Je promets de revenir sereine, fraîche et dispose…et j’espère, moins stressée de la vie !
Dimanche le 24 février
Les collègues de travail d’Anthony (tous des locaux) nous proposent une belle balade dans les hauteurs de Tahiti !!! Selon ce que j’ai pu lire dans les guides, c’est ici, sur l’île principale de la Polynésie, que l’on compte les meilleurs spots de randonnés. Elles permettent de découvrir l’intérieur de l’île, très accidentés et à des altitudes pouvant atteindre les 2000 mètres, avec d’excellents panoramas sur les sommets ! Mais pour l’instant, nous ne savons rien sur la destination exacte. Seul indice : il faut prendre maillot et bonnes chaussures !
Dès notre réveil, la journée s’annonce super ensoleillée mais nous restons conscients que le climat, dans les montagnes, surprennent souvent par de fortes averses tropicales. Pas de problème ; nous adorons !
On vient nous chercher en 4x4 aux alentours de 9hrs le matin. En écrivant 4x4, j’ai un peu le sourire aux lèvres parce que je dois souligner que pratiquement tous les tahitiens ont un 4x4 ou BMW flambant neuf! Comment les polynésiens peuvent-ils se les payer, puisque la majorité d’entres eux n’ont pas un salaire leur permettant un tel luxe ? Très bonne question… à crédit évidemment et sur plusieurs années !!!
Nous serons entre 5 et 8 répartis sur 2 véhicules. Avant tout, nous nous arrêtons au Carrefour pour acheter quelques trucs à grignoter et surtout de la bière pour les garçons. Les polynésiens sont de bons vivants et surtout de très grands buveurs de bières HINANO… ce qui pourrait nous mener au sujet de l’alcoolisme, un des fléaux de la Polynésie ! Mais passons à autre chose…
Pour nous deux, c’est la première fois que nous allons de l’autre côté de l’île, au Nord ; à l’est de Papeete. Nous nous dirigeons vers « Papenoo » et c’est véritablement à partir de là que le paysage devient plus sauvage ! « Papenoo » est surtout connu pour son spot de surf… et Anthony et moi découvrons que c’est également la porte d’accès vers l’intérieur de l’île. Nous bifurquons vers la vallée de la « Papenoo » jusqu’au « Relais de la Maroto », perchée sur une butte et seule possibilité d’hébergement au centre de l’île. J’en conviens que dans le cas présent, il est impératif d’avoir un 4x4, même si petits ponts et radiers en ciment ont été emménagés pour faciliter le passage des véhicules… mais pas tous les véhicules arrivent à traverser. Cette première moitié de trajet est assez facile d’accès mais la deuxième est bien différente… A partir du Relais, la route entame une montée régulière jusqu’à près de 800 mètres d’altitude reformant le rebord de l’ancien cratère. Nous traversons 2 ponts, qui me semblent un peu trop dangereux à mon goût, des rivières dont le courant nous entraînent légèrement et près de 50 minutes plus tard, nous stationnons les 2 véhicules !
Les hommes ont faim !!! Par chance, j’avais poussé un peu pour acheter quelques poulets rôtis, des chips et plusieurs baguettes de pain… plutôt que seulement de la bière et des conserves de Corned Beef… BEURK !!! Nous nous arrêtons donc un peu pour manger et je suis contente de constater que les collègues d’Anthony sont tous très sympathiques (Renui, Christian, Jimmy…)! Les sujets de conversations ne sont pas très élaborés mais nous nous amusons tout autant.
Une heure plus tard, nous commençons l’ascension, à pieds, pendant une dizaine de minutes, vers ce qu’ils appellent ici, les toboggans naturels ! Nous traversons un petit sentier boueux dans la jungle tahitienne pour finalement arriver aux abords des glissades. WOWWWW !!! J’ai souvent souhaité trouver un endroit pareil ; plusieurs bassins d’eau fraîche, des cascades avec un léger courant, des toboggans naturels et tout cela entourés d’une forêt de bambous, de fougères et d’hibiscus sauvages… C’est absolument à faire !!!
Nous restons là, un bon moment, à nous reposer dans les bassins et à se faire masser par le courant… La chaleur est intense et l’eau, bien fraîche ! Après plusieurs bières, les gars nous proposent finalement LA DESCENTE DE LA MORT…. Non, je rigole !!! Malgré que par la suite, je me suis dit qu’en y réfléchissant un peu… c’était dangereux !
Moi un peu hésitante, je me laisse quand même charmer par l’idée… Comment dire non à une telle aventure ; de celle que l’on voit dans les films et qu’on ne peu faire que dans un tel paradis sauvage…
Anthony, lui, ne s’y laisse pas entraîner préférant la bronzette sur les rochers !
Voici donc ce qui m’attend : Une descente, assez abrupte, entre les rochers, alternant sauts dans une dizaine de bassins et glissades dans les toboggans ! OUFFF… Rapidement, je me rends compte que c’est une aventure qui demande une bonne force physique ; le courant m’entraîne facilement et par chance que les tahitiens sont des masses et qu’ils sont là pour m’aider (Oui ! Je confirme, les tahitiens sont en majorité tous très bâtis et musclés…des descendants des Maohi… il fallait s’y attendre). Une fois, il a fallu sauter d’une falaise d’environ 10 mètres et bien viser un endroit précis pour atterrir à l’endroit le plus profond du bassin…j’en tremblais !
La descente dura environ 1 heure. Je sentais que le lendemain, j’aurais des courbatures et les muscles des cuisses bien gonflés. Celles-ci ont bien travaillées, parce que la moitié du temps, il fallait s’agripper et bien se retenir contre les rochers pour ne pas être entraîné contre les rochers par le courant.
Finalement, essoufflés, nous arrivons tout en bas, d’ou nous voyons Anthony qui nous attend, un peu inquiet ! Nous avons un peu tardés, par ma faute…je n’étais pas aussi rapide qu’eux ! Les gars décident de s’amuser un peu plus… Ils montent, grâce à une corde mise là, tout en haut d’une falaise d’une douzaine de mètres et se laisse tomber dans un petit bassin et recommence un dizaine de fois. Ils sont fous ces Tahitiens !!!
Pour ceux qui se disent : C’est bien beau toutes ces activités super cool mais Anthony, Sandra, qu’est ce que vous faîtes le reste du temps… les soirs ou les après-midi qu’Anthony fini tôt ??? Comment ça se passe pour Anthony au travail ? Vous arrivent-ils de vous ennuyez ?
C’est vrai que pour le moment je ne vous ai raconté que les trucs SUPER COOL ! Voyons voir ce qui nous occupe le reste du temps…
Evidemment Anthony travaille beaucoup… des heures de fous ! Mais je dois vous avouer que c’est quand même bien d’être à l’hôtel pendant quelques temps, puisqu’ Anthony en profite pour venir me voir une dizaine de fois par jour Il arrive que des fois, il finit tôt. Nous en profitons donc pour aller prendre une marche dans les jardins et profiter des superbes couchers de soleil… Tous les soirs, nous jouons aux cartes, au « Trivial Pursuit » ou au Yam’s en sirotant quelques cocktails maison (Mojito ou p’tit punch)... et il s’endort devant la télé… comme d’hab !
Moi pendant la journée, je me fais bronzer, je lis un peu, je prends des photos, je vais en ville, fait des cartes postales, je couds les chaussettes trouées de Monsieur, lavage, repassage,…
Anthony, au boulot, ça va bien selon ce qu’il me raconte, malgré que des fois, il est un peu découragés par le peu d’entrain des Tahitiens… Comme ils disent ici, ils sont trop souvent Fiu, terme utilisé par les locaux pour dire qu’ils se sentent paresseux et préciser qu‘ils n’ont pas trop envie de travailler… Mis à part cela, je tenais à préciser qu’Anthony s’est bien intégré malgré ce que j’avais pu écrire sur les Popa’a, un peu plus haut. Il est aimé de tout le monde et en écrivant cette phrase, je sais bien que cela n’étonnera personne… Tout le monde adore Anthony !!! Il pose beaucoup de questions aux locaux avec qui ils travaillent, ce qui fait que tous les soirs, ils a des tonnes d’histoires à me raconter sur eux et leur pays.
Voici donc une petite histoire qu’il me raconta un soir :
Il arrive que les femmes les plus séduisantes de Papeete, soit… des Hommes !
En fait, il s’agit de Rae Rae ou de Mahu, autrement dit, des travestis ! C’est un peu spécial, la façon qu’ils le deviennent… L’importante masse de travestis en Polynésie est liée à une coutume familiale encore répandue : dans de nombreuses familles, le fils aîné est élevé comme une fille et en prend l’attitude et presque l’apparence. Il y en a beaucoup et selon ce que l’on peut en constater, ils sont très appréciés dans l’hôtellerie et la restauration pour la finesse et la qualité de leur service! Anthony travaille avec quelques-uns d’entre eux (François s’y plairait…) !
Se sont souvent eux qui s’occupent des décorations des salles… Très rigolos à voir, puisqu’avec leur mâchoire d’homme, leurs longs cheveux remonté en chignon souvent montrant un front trop dégarni et une calvitie apparente, des manières de femmes exagérées et des jupes courtes… vous voyez le style ? C’est donc quelques choses de normal, pour eux mais et nous, on s’y habitue !
Merci de nous faire partager votre quotidien. Surveille quand même Anthony car un beau gosse comme lui, les Rae Rae pourrait bien n'en faire qu'une bouchée! Bisous. A bientôt.